ceo-q1-2019

Reprendre souffle

Le premier trimestre de 2019 nous plonge dans l’incertitude. Chacun de nos sept marchés principaux vit des conditions spécifiques affaiblissant soit la demande de manière générale, soit la compétitivité globale de Maurice, sur le prix comme sur les autres éléments de l’offre. En filigrane de cette
performance peu reluisante : le glissement graduel du produit Maurice et une certaine incapacité à tenir la promesse. Une situation qui génère un sentiment d’inquiétude chez une majorité d’opérateurs.

Les arrivées touristiques sont en légère baisse (-1,2%). Celles par avion chutent lourdement (-4,5%). Le premier facteur explicatif de cet énorme décalage dans les chiffres reste le succès retentissant de l’activité croisières ; le nombre de touristes / croisiéristes a quasiment doublé en ce début d’année et pèse pour près de 7% de nos arrivées. L’hébergement touristique, en revanche, est confronté à cette baisse spectaculaire du nombre de nos touristes habituels ; le taux d’occupation moyen de nos chambres d’hôtel descend à 73% contre 77% l’année dernière.

L’aérien a poursuivi son développement sur l’île avec une croissance de 2% des sièges d’avions. Mais avec la baisse des arrivées, les avions se retrouvent avec un Load Factor moyen en chute également : 68,6% cette année contre 72,1% au premier trimestre de 2018. A ce jour, les autorités averties des plans des différentes lignes aériennes ne prévoient pas de croissance dans le service aérien pour l’ensemble de l’année 2019. Il faut noter que pour le premier trimestre, nos concurrents de l’Océan Indien ont fait nettement mieux, notamment les Maldives (+15% des arrivées touristiques) et les Seychelles (+10,7%).

Les opérateurs hôteliers s’attendent désormais à une visibilité de plus en plus difficile. Les annulations à moins de 30 jours des réservations de chambres d’hôtel sont de plus en plus nombreuses. Et l’hébergement hors hôtel est en plein boum. Airbnb prétend lister plus de 5 000  hébergements touristiques sur Maurice et Rodrigues alors que les autorités n’ont accordé qu’environ un millier de telles licences. Même si le recensement des réservations courantes au niveau des membres de l’AHRIM pointe vers une reprise de l’activité à partir du mois de juin, nous devons rester réalistes face aux nouveaux comportements des voyageurs.

Les recettes touristiques pour ce premier trimestre 2019 sont en baisse (-10,6%) mais la Banque de Maurice reste confiante de pouvoir terminer l’année 2019 sur une note positive (+3,1%, soit Rs 66 milliards contre Rs 64 milliards en 2018). Statistics Mauritius a préféré ramener à la baisse nos
prévisions en matière d’arrivées touristiques ; nous attendons à ce jour quelque 1,435 million de touristes, représentant un taux de croissance de 2,5%. Les opérateurs veulent relancer le secteur et seule l’initiative privée responsable peut y insuffler toute l’énergie nécessaire, y compris dans les
agences de l’Etat.

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